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Photo de Kristina Flour sur Unsplash

Numéro 1

To regulate or not to regulate ESG ?

14 décembre 2021

Aujourd’hui, je suis tombé sur deux enquêtes qui m’ont fait réfléchir : la dernière enquête du CFA Institute auprès de ses membres sur les enjeux ESG est disponible ici. Elle indique qu’environ 80 % d’entre nous, titulaires du CFA, pensons que l’intégration de l’ESG ne devrait pas être imposée par les régulateurs. C’est stupéfiant de voir à quel point nous avons peu accompli pour la planète et la société dans son ensemble en vingt ans d’« investissement durable » ! De toute évidence, nous n’y arriverons pas sans une solide « pichenette » de la part des régulateurs… Pourquoi ?

La plupart de nos notations et de nos méthodes reposent encore sur la « matérialité financière ». Cela signifie que nous regardons l’impact de l’environnement sur la santé financière des entreprises, plutôt que l’inverse : en quoi l’entreprise nuit-elle au monde ?

Et ce faisant, nous nous mentons à nous-mêmes, tout comme au grand public, lorsque nous affirmons investir pour un monde meilleur.

La double matérialité consiste à regarder les impacts dans les deux sens. C’est peut-être ce que nous devrions tous considérer ? Mais malheureusement, c’est bien plus complexe à mettre en œuvre… et cela n’attire pas forcément davantage de clients.

Dans l’un de ses récents numéros de ESG on a Sunday, Sasja Beslik a mentionné une étude montrant que les personnes sensibles à l’environnement ne sont pas plus susceptibles de détenir des investissements pro-environnementaux. C’est stupéfiant, et l’une des principales raisons semble être le manque de culture financière. Nous devons nous exprimer avec des mots simples et compréhensibles !

Même ceux qui voudraient que leurs investissements aient un impact ne trouvent pas les bons produits dans cette jungle financière pleine de sigles incompréhensibles.

Revenons donc à la question de la réglementation. Après tout, la plupart des textes visent avant tout à clarifier les obligations de publication d’informations. Avons-nous peur de la réglementation simplement parce qu’elle nous forcerait à faire ce qui est juste ? Je ne pense pas que ce soit aussi simple. Le baromètre de confiance d’Edelman indique qu’environ 80 % des investisseurs estiment que les entreprises exagèrent fréquemment leurs progrès en matière d’ESG lorsqu’elles publient leurs résultats. Il y a clairement un déficit de confiance préjudiciable, et j’espère que c’est la raison pour laquelle les investisseurs professionnels craignent la réglementation et la responsabilité qui l’accompagne.

En ce sens, la forte impulsion réglementaire donnée en Europe sera passionnante à suivre. De la taxonomie de l’Union européenne à la directive sur la publication d’informations en matière de durabilité par les entreprises (CSRD), en passant par le règlement sur la publication d’informations en matière de durabilité dans le secteur financier (SFDR), le cadre européen aura un impact sur tout le monde. Certes, il est loin d’être parfait.

Mais peut-être pouvons-nous améliorer nos pratiques avec le temps et, qui sait, éviter le pire des scénarios climatiques, pour notre bien commun.

Sur une note plus personnelle, je lance cette newsletter comme un moyen de me forcer à structurer mes idées par l’écriture, mais aussi pour engager une conversation autour de la finance durable, de l’ESG et de l’investissement à impact. N’hésitez pas à partager vos commentaires, idées ou questions !

Comme toujours, cette lettre, initialement publiée sur LinkedIn, a vocation à ouvrir une discussion : rejoignez-la ici.

Lenny Kessler